Lettre à mon tout petit bébé, qui rentre à l’école

Publié le : 04/09/2017 00:57:49
Catégories : Maman , Présentation

Mon petit bébé, déjà grand

 

Mon tout petit bébé d’amour, tu rentres à l’école. C’est l’une des étapes les plus importantes de ta jeune vie.

 

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Toi, tu n’en as pas vraiment conscience. Tu en parles souvent, de plus en plus souvent ; demandant ce que fait la maitresse (elle profite de ses derniers jours de vacances peinard, pardi !), si tel ou tel copains (de chez nounou) va être dans ta classe ou s’il y aura un trampoline à la récré.

Nous aussi, tes parents, nous t’en parlons souvent. Pour te faire envie « tu adores la peinture, à l’école, tu en feras souvent ! », pour te rassurer « tu vas te faire plein de copains et la maitresse sera gentille » ou pour te stimuler « les autres copains vont faire pipi sur les toilettes, comme toi ! ». On se rappelle nos vieux souvenirs aussi, qui commencent à dater. Ça donne un coup de vieux, tout ça.

Et on se questionne. Beaucoup.

A la cantine, y aura-t-il une dame pour te couper ta viande ?

Pourras-tu dormir avec ton doudou à la sieste ?

Vas-tu te faire « renvoyer » si tu as un accident dans ta culotte ?

Vas-tu être si fatigué qu’on le dit, en sortant de la garderie ?

Vas-tu apprendre des gros mots ?

Quand la maitresse te demandera quel travail fait ta maman et que tu lui répondras, tout fier « des bisous ! » au lieu de « bijoux », que va-t-elle déduire ?

Est-ce que tu vas attraper toutes les maladies qui trainent ? Des poux ?

Et moi, est ce que je vais me faire des copines maman-de-camarades-de-classe ?

Est-ce que j’aurais le droit de venir pas coiffée, ni maquillée, ni réveillée le matin ?

Est-ce que je vais me faire gronder si je suis en retard (une toute petite fois) à la sortie ?

Est-ce que je ne vais pas culpabiliser de te voir si fatigué et de ne pas pouvoir venir te chercher le midi ?

 

Mon tout petit, est-ce que cela ne va pas être dur, pour moi, de te voir partir avec la maitresse en me lançant, avec désinvolture, un « A tout’ maman », sans même un regard en arrière ?

Bien-sûr qu’il est mieux que la séparation se passe en douceur, que tu sois assez bien dans tes baskets pour pouvoir t’épanouir seul. Mais, est ce que, tout au fond de mon cœur de maman, il n’y aurait pas un tout petit peu l’envie que la tristesse t’envahisse, que tes petits doigts m’enlacent et que tu me chuchotes à l’oreille « Je t’aime Mamounette. Tu vas manquer beaucoup à moi ! » ?

Mon tout petit, il y a encore si peu de temps, tu étais une petite chose fragile. Tu es maintenant un mini homme. C’est passé si vite…

Je suis si fière du petit garçon que tu es, du garçon et de l’homme que tu vas être.

Tu es si petit et pourtant tu m'inspires déjà tant de respect. Tu me rappelles, avec ton innocence, à quel point il est facile d'aider les autres. A quel point, tendre la main et sourire à l'autre peut changer tout. Et si c'était si simple pour nous, les grands?

Vas, mon fils. J'ai confiance en toi, en tes capacités d'adaptation et en ta générosité. Chaque enfant est unique et à ses propres qualités. La tienne est l'empathie. Je sais que demain, tu ne seras pas l'enfant qui pleure de peur de quitter ses parents. Tu es si petit et pourtant si autonome. Demain, tu verras les autres enfants pleurer et tu me diras "Maman, pourquoi il pleure le garçon?". Je verrai l'inquiétude et la compassion dans tes yeux. Tu ne seras pas l'enfant inquiet de faire sa rentrée demain, tu seras l'enfant peiné de voir la tristesse des autres.

J'espère avoir les mots pour te rassurer. J’espère que tu auras les mots pour rassurer les autres enfants. J'espère que la maîtresse aura les mots pour me rassurer. Les mots peuvent faire tant... Et c'est justement ce que tu vas apprendre, les mots. Les mots, l'art, les mathématiques, l'histoire, la géographie, la vie de la nature... Tu es parti pour des années d'apprentissage. J'espère que ce que tu vas apprendre sera à la hauteur de ta curiosité.

Est-ce que tu ne vas pas être déçu? De constater qu'il n'y a pas de trampoline, que la maîtresse est débordée, qu'elle ne peut pas admirer tes œuvres d'art quand tu le souhaites, que certains ne sont pas gentils avec toi?

Nous n’avons pas souvent évoqué la possibilité qu'il y ait des méchants.

Le loup, dans le livre veut manger la brebis. Mais, toi et moi, nous savons bien que c'est juste parce qu'il a faim, ce pauvre loup, pas parce qu’il est méchant. Certains événements, certains contextes nous rendent méchants, mais, au fond, on a juste besoin d’aide. Alors, à ce cher loup, nous lui donnons une soupe et il devient notre ami.

Ton empathie est ta force.

Mais, est-ce que nous t'avons donné assez d'armes pour te défendre? Est-ce que nous t'avons créé une bulle d'amour assez puissante pour que les attaques des –faux- méchants ne te blessent pas?

J'aurais aimé te créer une bulle de coton pour te protéger mais je sais que, dans la vie, tu vas t’égratigner. Plus d'une fois. Alors je t'ai laissé tomber. Plus d'une fois. Mais je t'ai appris à te relever, à gérer la douleur et à repartir. 

L'important, ce n'est pas d'apprendre à ne pas tomber. L'important, c'est d'apprendre à se relever.

Alors vas mon petit, cours. Et si tu tombes, je serais toujours là pour t'aider à te relever.

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Ta maman qui t'aime et qui apprend toujours plus à tes côtés.

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(Retrouvez mon coup de coeur pour le sac Loup d'Amanite rose)

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